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Pétrole, Thermalisme, Asphalte,
Géothermie et Patrimoine
Le Pétrole
C'est à la fin du 15ème siècle qu'est découvert le pétrole à Pechelbronn.
Cet épais liquide, contenu dans la roche, utilisé d'abord pour soigner les maladies de la peau
et graisser charrettes et outils, n'est véritablement exploité qu'à partir de 1735, date de l'arrivée de la famille
Le Bel. Durant quatre générations, elle porte le village à la pointe de l'avancée pétrochimique :
découverte de l'asymétrie moléculaire, forage mécanique, sonde électrique... En 1917, ce sont près de 3 000
hommes qui travaillent pour la société "Pechelbronn", dont un certain nombre dans les 450 km de galeries de mine. C'est alors toute une région qui vit du travail à la mine tout
en exploitant parallèlement les terres agricoles, préservant ainsi sa ruralité.
Le Thermalisme
C'est la recherche du pétrole qui va mener au thermalisme lors d'un forage en 1910.
L'arrivée de l'eau thermale s'est produite à environ 1 000 m de profondeur, avec une température de 65 °C
et un débit de 12 m3 par heure. L'analyse a permis de constater qu'elle était comparable, en ce qui concerne
sa composition, aux meilleures d'Europe. Sa composition ferrugineuse, sulfureuse, d'une forte teneur en sel, calcium,
potassium, magnésium et même un peu d'hélium, permet de soigner rhumatismes, arthrites, sciatiques et affections
gynécologiques.
Elle fut exploitée par la Société Anonyme d'Exploitation Minière ( SAEM ) jusqu'en 1925, date à laquelle la famille Engel fit construire un établissement
thermal avec quatre salles de bain et plus tard une piscine. En 1970, un deuxième forage fut réalisé pour en accroître
le débit. L'établissement Engel ferma en 1992 mais laisse à Merkwiller-Pechelbronn son charme d'ancienne cité thermale.
L'Asphalte
L'asphalte est un mélange naturel de matériaux calcaires ou silicieux imprégnés de bitume.
C'est un solide brun-noir qui se ramollit entre 50° et 60°C. Il constitue la partie la plus lourde du
pétrole brut.
Des filons d'asphalte ont été découverts au 18ème siècle, dans une mine de lignite ( charbon ) qui
alimentait les installations de la saline de Soultz-sous-Forêts. Cette mine était située à la sortie de Lobsann,
à 15km en direction du Soultzerkopf. A partir du 19ème siècle, l'exploitation du bitume devint plus importante que celle
du charbon, mais les Lobsanniens ont toujours appelé la mine "das Kohlenwerke" ( la mine de charbon ).
La roche bitumeuse était remontée à la surface et broyée. Le bitume était séparé du calcaire par l'action de la chaleur.
Il était comprimé et commercialisé sous forme de carreaux rectangulaires ou de blocs hexagonaux.
On l'utilisait pour recouvrir des chaussées, étanchéifier des terrasses, des bassins, des bâteaux, des poteaux,...
Vers la fin du 19ème siècle, 200 personnes travaillaient aux mines. L'activité a cessé vers 1950, le
bitume naturel était concurrencé par des matériaux synthétiques. Il ne reste sur le site que quelques hangars
et le bâtiment administratif.
La Géothermie : l'avant-garde des énergies renouvelables.
Durant les prochaines décennies, les besoins énergétiques mondiaux vont irrémédiablement croître.
Face à ces besoins légitimes, les énergies fossiles qui se tarissent ne pourront plus être la réponse
universelle. Il est donc important de trouver de nouvelles ressources énergétiques, de préférence non polluantes
et renouvelables.
La géothermie des roches chaudes fracturées a le potentiel nécessaire pour constituer une des réponses à ce défi planétaire.
En effet, les roches du sous-sol sont en permanence réchauffées par le flux thermique de notre planète ( le magma ). A 40km
de profondeur sous notre continent, les températures atteignent 1 000°C. Nous vivons donc sur un stock d'énergie
pratiquement infini.
Le sous-sol du site de Soultz-sous-Forêts est composé de roches naturellement fracturées en profondeur.
Elles sont caractéristiques des conditions qui règnent dans les régions de fossé d'effondrement. Néanmoins, ces fractures
sont quasiment re-colmatées depuis des millénaires.
Pour transformer ces roches en échangeur thermique, il faut ré-ouvrir ces fractures. Cette opération,
appelée stimulation, est réalisable par injection d'eau sous pression.
L'eau fait légèrement coulisser les roches le long de ces fractures. En relâchant la pression, les fractures ne
sont plus parfaitement imbriquées, et laissent l'espace nécessaire pour faire circuler l'eau qui se
réchauffera et se chargera en calories.
Si le pilote scientifique répond favorablement aux résultats attendus, la construction d'un prototype
de 25 Méga Watt électriques suivra, avant la réalisation d'unités industrielles en série. Le déploiement à grande échelle
d'unités opérationnelles inspirées du procédé développé à Soultz-sous-Forêts pourrait révolutionner le monde de l'énergie.
En effet, l'énergie géothermique des roches chaudes fracturées est renouvelable et non polluante.
Elle préserve les énergies fossiles et permet une production d'électricité décentralisée en continu, 8 000 heures/an,
de jour comme de nuit, indépendamment des conditions météorologiques.
Contact :
M. André Gérard ou M. Graff
G.E.I.E. "Exploitation Minière de la Chaleur"
B.P. 38 - Route de Soultz
67250 KUTZENHAUSEN
Tél : 03 88 80 53 63
Fax : 03 88 80 53 51
Mail : eeig@soultz.net
URL : www.soultz.net
Le Patrimoine.
Le Pays de Pechelbronn se situe dans "l'Outre-Forêt". Cette appellation désigne le territoire au nord de
l'immense forêt de Haguenau, véritable barrière géographique, jusqu'à Wissembourg. Vous n'y verrez que peu de fermes
ou habitations isolées. Le plus souvent, les villages y sont constitués d'une longue rue principale et de quelques petites ruelles.
Certains villages, comme Kutzenhausen, ont conservé leurs puits à balancier. Les habitants venaient y puiser
de l'eau.
De nombreux calvaires datant du 18ème et 19ème siècle et des bancs reposoirs appelés "bancs de l'impératrice" ou "bancs du Roi de Rome" bordent les routes.
Ces bancs permettaient aux femmes de déposer leurs paniers sur la dalle supérieure, tandis qu'elles se reposaient sur la dalle inférieure.
Le secteur se caractérise avant tout par ses maisons à pans de bois apparents, avec leurs pignons sur rue.
Les poteaux principaux du colombage, ainsi que les parties ornées, sont en bois dur, comme le chêne et le châtaignier ;
les parties secondaires sont en pin ou en sapin. Outre l'aspect fonctionnel, l'assemblage des éléments de charpente
a aussi une fonction symbolique. La figure la plus répandue est le losange sur l'allège des fenêtres,
symbole de fécondité. Il est souvent barré d'une croix de Saint-André, signe de multiplication et d'abondance.
Les toits sont à deux versants, avec un battant sur le pignon, et ont une forte pente
afin d'évacuer au mieux la neige en hiver.
Le patrimoine bâti se caractérise aussi par la disposition des bâtiments construits autour d'une cour carrée ou rectangulaire,
sans porche. La maison d'habitation est séparée en deux parties inégales : la pièce principale avec alcôve, appelée "Gross'Stub",
qui se situe toujours côté rue et était souvent la seule pièce chauffée de la maison, et la "Kleinstub" ( "petite chambre" ), située à l'arrière
et occupée par les grands-parents. On trouve encore quelques maisons aux vitres bombées qui permettaient de regarder
dehors sans être vu de l'extérieur.
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